Travaux Personnels Encadrés
Une Odyssée pleine de dangers
A partir de 1973, lors du premier choc pétrolier, les États européens ont stoppé les migrations de travail, ce qui a eu pour conséquence une augmentation considérable de l’immigration clandestine. N’ayant pas obtenu de visa (sceau apposé sur un passeport donnant le droit de séjourner dans un pays) les migrants clandestins ont alors l’obligation d’emprunter des routes dangereuses et prennent alors d’énormes risques en entreprenant un voyage d’une si grande ampleur et très risqué.

Les migrations "sud-sud" et les migrations "sud-nord"
Les pays développés se trouvant tous (sauf l’Australie et la Nouvelle-Zélande) dans l’hémisphère Nord de la Terre, ils se regroupent sous le terme de « Nord ». A l’inverse, on parle de « Sud » pour les pays en phase de développement même si certains d’entre eux se trouvent dans l’hémisphère Nord.
La migration la plus courante est une migration dite « Sud-Nord », 6 migrants sur 10 l'empruntent selon le livre de Sophie Lamoureux et Amélie Fontaine appelé Planète migrant. L’Europe, se trouvant dans le Nord, est la première destination migratoire, et représente 72 millions soit 31 % des migrants. Par conséquent, 14 % de la population de l’Union Européenne sont des immigrés, 11,6 % étant en France. Pourtant la France se trouve à la 7ème place lorsque l’on parle de migration par pays avec 7,5 millions d'immigrés soit 3,2 % des migrants. En effet, la France ne reçoit aucune embarcation sur ses côtes car celles-ci se trouvent trop loin de l'Afrique. Les migrants y arrivent donc par les frontières terrestres, italiennes ou espagnoles. De plus, la France est parfois considérée comme un "rond-point" vers les pays limitrophes de celle-ci tel que l'Allemagne ou la Suisse ou encore vers le Royaume-Uni.
Parfois des migrants venant d’un pays en développement se dirigent vers un autre pays en développement, nous appelons cela des migrations « Sud-Sud ». Enfin, les trois continents les plus émigrants sont : l’Afrique (avec la Libye, le Soudan et L’Érythrée), le Moyen orient (avec la Syrie et l’Irak) et l’Asie (avec l’Afghanistan, le Pakistan et le Bangladesh).
Coût du voyage
Malheureusement, ce voyage, en plus d’être extrêmement dur et dangereux est aussi extrêmement cher.
Puisque les frontières sont fermées, les migrants doivent faire appel à des réseaux de passeurs. Ces passeurs
trouvent les failles du système de sécurité et font traverser les frontières en échange d’une grosse somme d’argent. Ils mettent donc en place un marché parallèle interdit par la loi, ce marché fait donc partie de l'économie souterraine. En effet, selon la Tribune de Genève et l’Écho, les réseaux de passeurs génèrent plus de 5 milliards d’euros par an. Un passage pour l’Europe peut varier de 10 000 à 30 000 € par migrant. Les passeurs n’hésitent pas à mettre les migrants dans des conditions très difficiles et même en danger de mort.
Prenons la situation d’un migrant clandestin voulant partir de l’Érythrée pour se rendre à Marseille. Toutes les étapes qu’il devra effectuer lui reviendront à environ 14 900 € (cela dépend des cas, ce n’est pas un chiffre fixe). En premier lieu, il va devoir essayer d’obtenir un visa. S’il l’obtient, il n’est plus un migrant clandestin mais s'il ne l'obtient pas, il devra organiser sa traversée, avec ou sans passeur, choisir un moyen de transport. S'il utilise le bateau, le prix diffère en fonction de sa grandeur. Il devra aussi répondre à ses besoins primaires tel que s’habiller, se nourrir, s’hydrater....
Par quels chemins passent ils?
Arrivées de migrants en Europe par la Méditerranée en 2018

Ce document tiré, de l’OIM, l’Organisation Internationale pour les Migrations, nous montre que 25 338 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer pendant les 19 premières semaines de 2018 (du 01 janvier 2018 au 15 mais 2018), dont environ 41 % en Italie et 38 % en Grèce, et 21 % en Espagne.
Le détroit de Gibraltar
La Frontex affine sa chasse à l'homme

D’après une carte établie et mise à jour par Olivier Clochard (Migrinter, Poitiers).
Les routes maritimes principales empruntées par les migrants sont chacune très dangereuses :
Le détroit de Gibraltar est un couloir maritime se situant au Nord du Maroc et au Sud de l’Espagne, la frontière de l’espace Schengen. Après que l’Italie ait fermé ses portes face à la migration, le 10 juin 2018, L’Espagne avec le détroit de Gibraltar est devenu la première porte d’entrée des migrants en Europe.
Chaque jour, le nombre de migration augmente : en 2016 il représentait 8 000 immigrés, en 2017 il en représentait 22 000 soit presque le triple en une seule année. Les migrants partent souvent du large de Tanger au Maroc, car c’est l’une des côtes les moins surveillés. En scooter des mers, les passeurs traversent en une dizaine de minutes les 18 kilomètres que représente le détroit de Gibraltar. Pour ce trajet, un migrant devra payer environ 5 000€.
La carte ci-dessus nous permet de voir comme l'agence Frontex, qui a pour rôle de sécuriser les frontières de l'Union européenne et de l'espace Schengen contre l'immigration illégale (cf partie III), procède face à cette immigration de masse. Nous voyons qu'il existe des camps ouverts, qui ont pour objectif d’enregistrer, de surveiller et de localiser les migrants et des camps fermés (ou camps d'enfermement). II existe trois types de camps d'enfermement. Le premier est le camp d'attente : il consiste à détenir les migrants pour qu'ils se fassent identifier ou examiner. Le deuxième est le camp de détention : il garde les demandeurs d'asiles lors de leur procédure. Puis le troisième est le camp d’éloignement où les migrants vont êtres expulsés du territoire et renvoyés chez eux. Avec tous les camps et les dispositifs de lutte contre l'immigration clandestine que nous pouvons observer sur cotes de l'Espagne et du Maroc, nous pouvons dire que l'agence Frontex met en place une réelle chasse à l'homme.
Le Bosphore
Où se situe le Bosphore dans le monde
La méditerranée orientale est l’une des plate-formes d’accès les plus fréquentées par les migrants d'Afrique et d'Asie qui se rendent en Europe. En effet, avec le Bosphore en Turquie, la Grèce a vu arriver 2 millions de migrants en 10 ans, ce qui représente 1/5 de sa population. Le détroit est un couloir maritime comme le détroit de Gibraltar, long de 31 kilomètres, traverse et sépare Istanbul entre rives asiatique et européenne. C’est, avec celui des Dardanelles, l’un des deux goulots qui relient la mer Noire à la Méditerranée, via la mer de Marmara.
Le détroit de Bosphore est une route dangereuse pour les migrants clandestins qui l'empruntent :
"Au moins 24 migrants qui cherchaient à rallier clandestinement l'Union européenne sont morts noyés lundi 3 novembre dans le naufrage de leur embarcation au confluent du Bosphore et de la mer Noire, au large d'Istanbul." d'après le journal Le Marin du 4 novembre 2014.
Outre des Afghans, certains passagers sont de nationalités syrienne et turkmène. Ils ont embarqué près d'Istanbul pour remonter le détroit du Bosphore jusqu'à la Mer Noire afin de rejoindre le côté européen de la Turquie et atteindre l'Europe. Ils tentaient de rejoindre la Roumanie mais les conditions de navigation sont difficiles et périlleuses dans la Mer Noire.
Les conditions du voyage
Les routes sont devenues très dangereuses pour les migrants qui ne parviennent pas à obtenir un visa. C'est un voyage composé de murs, de barbelés, de policiers, de passeurs inhumains qui risquent de violenter, rançonner, emprisonner ou encore kidnapper les migrants. C'est un voyage qui emprunte des moyens de transport désastreux tel que des radeaux de fortune, des cachettes dans des camions frigorifiques ou dans les trains d’atterrissage d’avion. VOA Afrique a recueilli des témoignages nous présentant les abus systématiques des passeurs à l'égard des migrants : ils les torturent, les brûlent avec leurs cigarettes, ils les attachent comme des animaux et les entassent dans des camions ou des bateaux. De plus il arrive parfois que les migrants soient enfermés en Libye jusqu’au paiement d’une rançon.
Les conditions de la traversée n'en sont que plus déplorables.
Que ce soit en Méditérrannée ou dans l'Océan, les migrants encourent de très grands dangers lorsqu'ils empruntent les voies maritimes. Avant d'embarquer, les migrants ne mangent qu'un bout de pain, et cela chaque jour afin d’être légers et d’être constipés pour ne pas faire n’importe quoi dans le Zodiac. Ensuite les passeurs leur confisquent argent et téléphone. Puis la traversée s'effectue sur une mer imprévisible. En bref, cette odyssée est illégale, pleine d'atrocités et de dangers.

Des morts par milliers aux portes de l'Europe
Carte 2006 : Olivier Clochard (Migrinter), Alain Morice (CNRS, Paris), United for Intercultural Action, Gibraltar : Association des familles de victimes de l’immigration clandestine (AFVIC), police aux frontières (PAF) des ports de Nantes et de la Rochelle, Jean Christophe Gay, Les discontinuités spatiales, Economica, Paris, 1995, Le Monde, AFP, Reuters, AP, Eleftherotypia (Athènes).
Cette carte nous montre bien le danger que courent ces migrants lors de leur voyage. En effet, selon le site internet : missiongmigrants.iom.int, depuis l’an 2000, 40 000 migrants sont morts dont 22 000 en méditerranée et cela ne fait qu’augmenter. En 2015 plus de 3700 migrants sont morts de noyade, de faim, de froid ou d’asphyxie.
L’itinéraire de la Méditerranée centrale reliant l’Afrique du Nord à l’Italie, avec 383 noyades recensées en 2018, est le plus meurtrier car il représente 60 % des décès. Vingt-huit victimes de noyades ont été découvertes dans les eaux de la Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce (le Bosphore) et 217 dans les eaux séparant l’Afrique du Nord et l’Espagne (le détroit de Gibraltar) d’après l’organisation internationale des migrants.
La Méditerranée, le passage le plus meurtrier du monde
Du 1er janvier au 19 avril 2015, les 2 510 000 kilomètres carrés de la Méditerrannée ont provoqué plus des trois quarts des disparitions de migrants selon l'Office International des Migrations. Celui-ci a recensé 1 848 morts dans le monde dont 1 600 en Méditerranée c'est à dire 80% des morts durant ces 4 mois.
Une aide face à tous ces dangers ?
L'Aquarius
L'Aquarius est un bateau affrété par l'association SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontière et est financé par des dons.. Il navigue au large de la Libye et a secouru 30 000 migrants en mer Méditerranée, avant d'être immobilisé en 2018 pour des raisons administratives et judiciaires et dont la mission était de sauver et de témoigner. « A l’été 2017, une dizaine d’ONG se relayaient dans les eaux internationales pour tendre la main à ceux qui se noient, mais aussi pour être les yeux et les oreilles des citoyens européens. Aujourd'hui, il n'y en a plus une seule » (site internet de SOS Méditerranée: journal de bord)
D’après le site internet, "ça m’intéresse", entre janvier 2014 et mars 2018, 13 792 personnes se sont noyées en Méditerranée centrale, entre les côtes libyennes et l’Italie. Le but de l’Aquarius est de sauver les migrants qui empruntent ces voies maritimes, c’est « la solidarité des gens de mer ». En 2016, il a recueilli 11 261 migrants, au cours de 72 opérations. 1/4 des migrants sauvés sont des jeunes mineurs, parfois même des bébés, selon la revue Phosphore « Ils sauvent des vies en Méditerranée », parue en 2018. Les bénévoles à bord, quelles que soient leurs professions, ont tous un rôle à jouer durant ces expéditions.






